Christo à NY, « The Gates »

 C’était un cadeau pour mes quarante ans, j’en rêvais, voir New-York ! Quelle ville vivifiante, stimulante, inspirante ! Il faisait un froid de canard, étrange d’ailleurs, je me demande d’où vient cette expression, je n’ai jamais autant marcher de ma vie, nous faisions des kilomètres chaque jour et chaque fois avec le même plaisir et cerise sur le gâteau, alors que nous ne le savions pas, Christo installait au même moment,  » The Gates  » à Central Park, tous les jours le chantier avançait, très émouvant d’assister ainsi à la création d’une oeuvre, plus encore ensuite de s’y promener…

« Mon art est le résultat d’une réflexion et d’une intuition esthétique imposée à un environnement naturel et construit », disait Christo qui travaillait de concert avec sa femme Jeanne-Claude, lui le dessinateur, elle la plasticienne. Aujourd’hui, il n’est plus de ce monde mais ses images,ses dessins, ses constructions, ses mises en scènes, pionniers qu’ils étaient tous les deux du Land Art resteront à jamais dans notre patrimoine artistique et cette démarche simple de faire du beau sans autre message à faire passer que celui d’un regard esthétique sur le monde est une leçon de chose et d’approche de la vie qui personnellement me touche profondément…

 

L’artiste et son modèle

Tourné dans un noir et blanc sublime, le dernier film de Fernando Trueba réussit à rendre l’indicible: l’exubérance de la nature, toujours plus forte que les guerres, la délicate fragilité du temps qui passe, et de celui, nécessaire, plus subtil encore, pour capter ces morceaux d’instantané, le caractère indispensable de l’art et l’art de la transmission. Porté par Jean Rochefort, magistral et la jeune Aïda Fock, vraie révélation, hommage à Picasso et à Maillol, mais aussi à Massimo Trueba, le frère du réalisateur,  » l’Artiste et son modère » est une invite à la plénitude.